L’empathie, c’est quoi pour moi ?

L’empathie, c’est quoi pour moi ?

L’empathie n’a rien à voir avec des mots, avec des phrases à répéter et encore moins avec des conseils à donner.

Pour moi, l’empathie c’est ouvrir ses bras et laisser l’autre se déposer dans l’espace ainsi créé. C’est l’accueillir pour qu’il puisse être ce qu’il est, même dans son plus grand illogisme.

Je trouve que l’empathie s’accorde fort mal avec le verbe faire. Elle ne prend tout son sens qu’avec l’auxiliaire être. ETRE en empathie. C’est un état, un espace que je trouve en moi, entre moi et cet autre être qui se dévoile.

Je ne pourrais nommer l’expérience que c’est de rencontrer quelqu’un, de le rencontrer vraiment, dans toute sa vulnérabilité, et sa force donc. Recevoir la confiance de quelqu’un au point qu’il vienne à moi en me disant « je souffre, peux-tu m’écouter ? » est un cadeau que je tiens dans mes mains comme la plus précieuse des perles.

Enseigner ce qu’est l’empathie, c’est comme tenter d’expliquer l’amour à un amoureux. J’ai découvert que j’avais en moi cette incroyable capacité à me connecter à l’autre. J’oublie juste parfois que la meilleure chose à faire, c’est de ne rien faire. Ne rien faire, tout en restant vigilante à ce qui se passe en moi : Est-ce que je commence à douter que ma simple présence peut faire la différence ? Est-ce que je commence à perdre la confiance que cet être en face de moi à toutes les ressources en lui pour trouver l’apaisement ? Est ce que je commence à me demander ce que je « dois » faire ou dire ? Quand ces pensées arrivent, je sais que je ne suis plus à l’écoute.

Oh ! tout cela n’est pas toujours facile pour moi!

N’ai-je pas appris à parler ? Et bien à présent, j’apprends à écouter !

Je m’entraine comme j’irais faire des longueurs pour apprendre à nager. Ce ne sont pas les cœurs en besoin d’empathie qui manquent. Il n’y a qu’à écouter mon épicier, ou ma mère répéter, pour la troisième fois, à quel point sa voisine est bavarde.

J’apprends aussi à déposer sur « une étagère imaginaire » mes pensées, mes jugements, qui pourraient perturber ma présence à l’autre. Je sais que j’y reviendrai plus tard, mes pensées ont aussi leur place. Je m’assure que mon étagère est assez accueillante pour que mes idées veuillent y rester, dans l’attente d’être écoutées à leur tour, quand je m’accorderai de l’empathie.

A chacun sa manière d’offrir cette présence à l’autre. A moi de trouver la mienne. Pour pratiquer, trouver mon style, je ne suis pas seule. Je peux proposer à un ami de l’écouter ou rejoindre des groupes qui ont cette aspiration commune de la rencontre en profondeur. Je peux me demander à moi-même une écoute, et observer ce qui marche pour moi.

C’est à chaque fois, une invitation à vivre la rencontre. A m’offrir à moi-même, et à l’autre, le privilège d’un instant suspendu, où le ciel gris de l’impossible laisse apparaître les rayons du possible.

Claire. Mars 2019

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