L’empathie pour soi-même avant tout dialogue

Malaise

La situation que je redoutais en me lançant dans cette aventure : l’empathie au cœur de ma pédagogie. Je m’étais répétée que le jour où cela se produirait, il me suffirait d’écouter calmement le parent, de reformuler ses mots. Me mettre en lien, en connexion avec lui. Entendre ses besoins et les miens. Commencer par écouter l’Autre, jusqu’à son dernier mot.

Sauf que, là, je réalise que j’ai juste envie de me justifier en mode incisif. Je me sens dans l’incapacité d’offrir un temps d’écoute à ce parent, d’accueillir ses mots, ses craintes. Juste prête à le convaincre que j ‘ai raison. 

Ses mots que je reçois comme des critiques. Ses mots qui entrent en résonnance avec mes propres incertitudes. Cette part de moi qui doute : Et si cela ne marchait pas ? Si Sophie se plantait complètement… 

Pause.

Empathie pour moi-même, sur la piste de danse avec mes incertitudes.

Le doute

1er décembre 2017 : je doute. Je me juge. Mon espace paisible difficile à rejoindre, celui de l’accueil bienveillant de ce qui est, de ce que je suis. Focale sur ce qui ne fonctionne pas. Consciente qu’il s’agit d’un passage, le même que celui vécu par les enfants face à un nouvel apprentissage. Tous logés à la même enseigne. Le moment d’instabilité avant l’arrivée au prochain palier. La traversée du tunnel.

Ok, tu doutes… Mais c’est pas nouveau ça… D’habitude tu as l’énergie qui permet de le vivre… Et puis normalement quand tu prends conscience que tu as besoin de bienveillance, une sérénité revient. Et là, ce n’est pas le cas. Il y a autre chose, il me semble … une résistance. 

Flash-back

22 janvier 2017 : directrice d’école, en décharge totale, pas de classe. Et un « Ça y est, mon objectif de départ est atteint, challenge relevé : à la direction d’une des plus grandes écoles du coin … Et on fait quoi maintenant ? « . Un constat : le décalage entre mes aspirations et mes actes à mon poste de directrice. Et une prise de conscience apparue après ma rencontre avec la Communication Nonviolente : plus envie d’exercer mon pouvoir sur les autres et pas encore les cartes pour « faire différemment ». Donc une décision à ce moment-là : j’arrête. Je quitte ce poste pour retourner auprès d’eux, les enfants. Être le changement que j’aimerais voir : la bienveillance, un enseignement à l’écoute des besoins et du rythme de chacun.

10 Juillet 2017 : je ferme la porte de mon bureau de directrice et ré-ouvre la porte de la classe. Un soulagement, une joie et le goût du challenge dans la bouche.

4 Septembre 2017 : une équipe autour de moi, on y va ! L’élan. Le souffle dans mon dos.

Bien. Tout ceci me semble porteur…

Sauf que : 

28 novembre 2017 : fatiguée. Un ras-le-bol des challenges. Besoin de douceur, d’aller à mon rythme, de prendre soin de moi. Je ne souhaite pas changer ma nouvelle façon d’enseigner. Juste prendre le temps d’écouter mes besoins. 

Stratégie : Pause dans ma bulle. Recharge des batteries pour mieux redémarrer. Week-end cocooning.

Rencontres

19 décembre 2017 : Julian est là, avec sa mère. Tendue. Elle me le dit : « Je ne comprends pas votre méthode, je suis inquiète pour la 6ième, je me dis que Julian ne va pas être prêt ».

Je l’écoute, durant un long moment et reformule ses paroles. Envie d’accueillir cette mère avec son inquiétude et aussi de comprendre ses besoins. Tout d’abord mes mots pour reformuler ses angoisses : « Vous voulez le meilleur pour votre enfant et vous êtes inquiète pour lui, pour sa scolarité, est-ce cela ? ». Et seulement ensuite un : « Avez-vous besoin de clarté sur ma façon de travailler et d’être rassurée par rapport à l’application du programme ? ». La mère de Julian qui acquiesce. Je n’ai pas commencé à la rassurer et déjà j’observe ses épaules qui se relâchent, la détente dans ses yeux, celle qui dit : « Ça y est, je me sens comprise, entendue, reconnue dans ce qui m’habite.  » Elle apaisée et moi prête à lui détailler ma pratique pédagogique. A peine quelques mots pour décrire ma méthode, un tableau de compétences du CM2 complété. Je perçois que l’essentiel s’est joué juste avant, dans ce moment de connexion.

Gratitude pour le processus CNV à travers ses différentes étapes !

Sophie J

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